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Proposition de partenariat d'éducation artistique /littérature / Histoire / philosophie : La démocratie, et après ?

Par SEVERINE OLLIVIERPublié le 04 janv. 2016 à 19:45

Chers collègues, chers tous,

 

Je vous transmets en pièce jointe  un courrier du Phénix, qui peut particulièrement intéresser les collègues de Lettres, d'Histoire, de Philosophie et de Théâtre...

Une réunion à destination des enseignants qui le souhaitent aura lieu au Phénix le jeudi 21 janvier 2016 à 17h30. Il s'agit de la présentation d'un support pédagogique numérique pour travailler autour de la création de Guy Cassiers, qui adapte au théâtre Les Bienveillantes. Ce roman de l'écrivain franco-américain Jonathan Littell relate les mémoires d'un personnage fictif, Maximilien Aue, qui a participé aux massacres de masse nazis comme officier SS. Il a obtenu le grand prix du roman de l'Académie française et le prix Goncourt en 2006.

N'hésitez pas à vous inscrire auprès d'Amandine Top, dont vous trouverez les coordonnées dans le courrier joint. La création de Guy Cassiers est programmée au Phénix en mars 2016, dans le cadre de la nouvelle édition du Cabaret de curiosité. Cette année, la thématique sonne plus que jamais d'actualité : La démocratie, et après ?

 

Bien à vous.

"Histoire d'amour" de la compagnie Teatrocinema

Par SEVERINE OLLIVIERPublié le 22 nov. 2015 à 19:32

Bonjour à tous,

 

Le festival Next, c'est encore toute cette semaine, n'hésitez pas à en profiter pour découvrir la jeune création contemporaine de renommée internationale.

Ce spectacle a lieu le samedi 28 novembre à la maison de la culture de Tournai, à 20h. Des navettes gratuites sont mises en place pour vous permettre de vous y rendre, une au départ de La Rose des Vents à Villeneuve d'Ascq à 18h, l'autre au départ de la Place Poterne à Valenciennes à 18h30. Réservation auprès de La Rose des Vents, Boulevard Van Gogh, au 03 20 61 96 96 ou accueil@larose.fr pour la navette au départ de Villeneuve d'Ascq. Réservation auprès de l'Espace Pasolini, 2 rue Salle Le Comte au 03 27 32 23 00 ou accueil@espacepasolini.fr

Une étrange histoire d'amour dans un roman graphique

 

 

 

 

 

L'inventive et talentueuse troupe chilienne Teatrocinema (anciennement connue sous le nom de la Troppa) adapte pour la scène le quatrième roman de Régis Jauffret, paru en 1998. Histoire d'amour est un texte en forme de labyrinthe, aux accents parfois kafkaïen. L'histoire commence dans une rame de métro où un professeur d'anglais suit une jeune inconnue, une certaine Sophie, jusqu'à son appartement et la viole. Le narrateur-violeur s'éprend de sa victime, voit en elle sa future épouse et la mère de ses enfants. Il prend peu à peu possession de sa vie. Elle tente de fuir. Il la rattrape. Elle tombe sous son emprise, devient sa femme, la mère de ses enfants. Nous sommes plongés au cœur d'un thriller. Le climat de violence ne cesse pas, elle n'ose plus se rebeller devant celui qui rend son quotidien invivable sans se sentir coupable un seul instant. A moins que tout cela ne soit que le scénario d'un esprit malade ? Devenue l'objet malgré elle d'un amour délirant, la jeune femme se mure dans le silence... Sous les lumières de la ville, dans la solitude des banlieues anonymes, Jauffret révèle le point de vue du bourreau. Tissant avec habileté différentes techniques empruntées au cinéma, au théâtre et à la bande dessinée, Teatrocinema invite à une plongée dans un récit extrême. À travers les thèmes qu'il aborde : la possessivité, les rapports de domination et l'emprisonnement mental, Histoire d'amour dérange. Il questionne en même temps la frontière, aujourd'hui floue, entre faute et responsabilité, justice et psychiatrie.

Teatrocinema transforme le quatrième roman de Régis Jauffret en une bande dessinée vivante en noir et blanc : les deux acteurs sont intégrés aux images projetées. Les vignettes soulignent la dimension incertaine de la réalité. Faisant preuve d'une grande prouesse technique, le metteur en scène Zagal et son équipe mêlent BD, cinéma, théâtre et musique.

 

 

 

Spectacle en espagnol, surtitré en français et en néerlandais.

"Fugen" d'Isabelle Schad dans le cadre du festival Next

Par SEVERINE OLLIVIERPublié le 22 nov. 2015 à 19:02

Bonjour à tous,

 

Le festival Next se déroule encore toute cette semaine. Dans ce cadre, vous pouvez voir Fugen, de la danseuse  et chorégraphe berlinoise Isabelle Schad.

Ce spectacle a lieu à Valenciennes, à l'Espace Pasolini, 2 rue Salle Le Comte. Réservations : 03 27 32 23 00 ou accueil@espacepasolini.fr

Il se joue le jeudi 26 novembre à 19h00 et le vendredi 27 novembre à 20h30. Durée : 60 minutes. Le jeudi 26 novembre, un parcours du spectateur est constitué en accord avec le Phénix, pour assister également, si on le souhaite, à "4", de Rodrigo García, le même soir à 21h, au Phénix, scène nationale de Valenciennes. Des tarifs préférentiels vous seront alors proposés.

Il s'agit d'un solo de danse. Isabelle Schad examine les liens étroits entre la musique et le mouvement. Elle s'appuie sur le travail polyphonique du compositeur J.S. Bach et ses célèbres fugues. Son travail est une réflexion sur l'origine de son propre mouvement. D'où vient ce mouvement ? Par quoi est-il provoqué ? Par quel élan ? Par quelle nécessité ? Isabelle Schad a toujours dansé. Enfant, elle usait le plancher à danser jusqu'à s'en épuiser. Un jour, sa mère est tombée malade. Suite à son handicap, elle a dû rééduquer son corps, lui réapprendre à se mouvoir, en étant attentive au moindre déplacement qui, au quotidien nous paraît évident, tellement il est mécanique, automatique. La chorégraphe a aidé, accompagné sa mère dans ce difficile travail de rééducation. Cela a nourri son expérience et sa réflexion sur le mouvement. Sa danse en est habitée. La fugue de Bach lui sert d'analogie pour le corps en exercice, où des actions semblant contradictoires comme chasser et fuir, donner et recevoir, vider et emplir... ne font plus qu'un.

 

"4" dans le cadre du festival Next

Par SEVERINE OLLIVIERPublié le 22 nov. 2015 à 18:37

Bonjour à tous,

 

Il vous reste toute cette semaine pour profiter de Next. Il s'agit d'un festival transfrontalier, de renommée internationale, soutenant la jeune création et en particulier les formes hybrides, mêlant théâtre, danse, vidéo, performance, arts plastiques et nouvelles écritures contemporaines. Lille, Villeneuve d'Ascq, Courtrai, Tournai et Valenciennes s'associent donc pour traverser les frontières et nous permettre de découvrir les acteurs des arts du spectacle vivant.

LE PHÉNIX, scène nationale de Valenciennes. Billetterie : 03 27 32 32 32 ou billetterie@lephenix.fr

4, de Rodrigo García.

Certains propos et certaines images pouvant heurter la sensibilité des plus jeunes, ce spectacle est déconseillé aux moins de 16 ans.

Dans ce cadre, au Phénix, ce jeudi 26 novembre 2015 à 21h00 (durée : 1h30), vous pouvez voir 4, la dernière création de Rodrigo GarcÍa, dramaturge, metteur en scène, scénographe, actuellement directeur du Centre Dramatique National de Montpellier. Il est né en 1964 à Buenos Aires, a quitté l'Argentine en 1986 pour s'installer à Madrid et fonder La Carnicería Teatro en 1989. Cherchant constamment à dépasser les formes du théâtre traditionnel, il entretient un rapport à la scène plus proche des arts plastiques et de la poésie que de la dramaturgie classique. Sa démarche repose sur un décentrement du texte au profit d'une poétique globale de la scène, où le travail au plateau avec ses comédiens, les images, la lumière, la musique et le texte sont des matériaux susceptibles de se répondre, de se compléter et de porter la création.

 En 2009, l'UNESCO lui a remis le XIème Prix Europe pour le Théâtre. Rodrigo García crée un théâtre audacieux, qui peut placer le spectateur dans une situation inconfortable de par sa subversion. Mais jamais il ne s'agit de provocation gratuite. Il s'agit d'inviter, par des chocs visuels et une écriture à la fois crue et poétique, à nous interroger sur le monde dans lequel nous vivons et la possibilité du vivre ensemble. Son désir du mystère, de l'étrangeté, proche de l'incompréhension que nous pouvons avoir face à nos rêves (dont le sens nous échappe, puisque là est une pensée non maîtrisée...) impulsent une déconstruction des codes, et l'élaboration d'un langage poétique et scénique tout à fait singulier, qui naît d'une juxtaposition a priori disparate et de la recherche continue de la beauté dans chaque matière, chaque élément du plateau, qu'il soit matériel, visuel, organique ou sonore.

Avec un théâtre engagé, Rodrigo García nous invite à réfléchir sur le consumérisme. Il observe l'architecture de nos grandes villes et ses aspects déculturés, où règnent en maîtres l'escalier mécanique et l'air conditionné ; où ces espaces génériques ne sont pas faits pour que les humains se rencontrent mais pour qu'ils consomment toujours plus (avec la dose de frustration que cela engendre pour ceux qui n'ont pas d'argent...). L'amour et la vertu peuvent-ils se développer dans des environnements urbains uniquement conçus pour le shopping ? Tel est la question que pose le dramaturge, en s'inspirant des mots de l'architecte et philosophe hollandais Rem Koolhass. Précisons encore une fois que la dimension subversive des spectacles de Rodrigo García est toujours pertinente et jamais gratuite dans la mesure où il nous rappelle à notre condition d'êtres pensants, donc libres... Il nous interroge aussi sur nos pulsions, notre rapport au désir, et sur ce que cela induit dans les rapports humains, notamment en ce qui concerne l'instrumentalisation des corps liée aux dérives d'une certaine société de consommation. Consommer l'autre, est-ce l'aimer ? (spectacle en espagnol surtitré en français).

Extrait d'une interview pour Les Inrocks :

 

Comment avez-vous abordé cette première création à Montpellier ?
Rodrigo García –  En général, quand un metteur en scène s’apprête à créer une pièce, il a toujours deux ou trois idées d’avance… Moi, je n’arrive jamais à préméditer le contenu de mes créations. Alors et comme d’habitude, j’ai commencé à savoir ce que j’allais faire en travaillant sur le plateau avec les acteurs.

 

Avez-vous une méthode ?


Pour cette pièce, j’ai inventé une méthode que je n’avais jamais expérimentée avant. Je suis quelqu’un qui ne se souvient pas de ses rêves. Depuis six mois, j’ai mis en place une stratégie pour m’en rappeler chaque matin en restant sous la couette pendant une demi-heure de plus. Je fais semblant de dormir et j’arrive ainsi à récupérer des images de mes rêves. Cela ne veut pas dire que le spectacle s’est construit à partir de ces images. Mais, c’est l’expérience de cet état qui me permet de réactiver le rêve que j’ai essayé de mettre au service de ma création. Retrouver ce moment matinal que je trouve enchanteur et qui me rend heureux a contribué aux séquences de jeux que je donne à voir dans 4.

RODRIGO GARCÍA, LA PREUVE PAR «4»

Par Hugues Le Tanneur— 12 novembre 2015, pour le journal Libération

Entre «Jardin des délices» à la Jérôme Bosch et observation acerbe du monde contemporain, la nouvelle création de Rodrigo García est un exutoire en forme de poème théâtral.

Le théâtre Humain trop humain à Montpellier, que Rodrigo García dirige depuis un an et demi, a quelque chose de l’abbaye de Thélème. Les mots «fay ce que vouldra» ne sont pas inscrits à son fronton comme chez Rabelais, mais l’atmosphère à la fois chaleureuse et espiègle qui se dégage du lieu a valeur de manifeste - jusque dans les toilettes, où les usagers ont toute liberté de s’exprimer en écrivant sur les murs ce qui leur passe par la tête.

Mêlée.

Très occupé par sa prise de fonctions, Rodrigo García n’avait pas présenté de nouveau spectacle depuis Daisy en 2013. Aussi, en découvrant 4, sa dernière œuvre, créée à Montpellier avant d’être reprise au théâtre Nanterre-Amandiers dans le cadre du Festival d’Automne, on est ravi de constater que l’homme n’a rien perdu de son mordant. Sur le plateau où trône un gigantesque savon de Marseille, les fidèles Gonzalo Cunill, Núria Lloansi, Juan Loriente et Juan Navarro évoluent en silence, reliés par un réseau compliqué de fils qui évoque évidemment autant le Web qu’une toile d’araignée dans laquelle ils seraient empêtrés. Après s’être démenés, entre bagarre de cour de récré et mêlée de rugby, ils font bloc autour d’un pied de micro. On ne voit pas leur visage. Qui parle ?

La question, récurrente dans les spectacles de Rodrigo García, est ici particulièrement flagrante. Ces monologues intérieurs, traversés de fulgurances où le poétique et le trivial forment les deux faces d’une même monnaie, sont le plus souvent exprimés en voix off, même si articulés depuis le plateau. Ils introduisent le spectateur dans l’intimité d’un locuteur anonyme, double fictif de l’auteur, qui a trouvé là un mode idéal de distanciation. La méthode est d’autant plus efficace que texte et actions scéniques décalés déploient une grande variété de perspectives, sous le signe du défoulement et de la transgression, où tout est mis cul par-dessus tête. Et là on s’en donne à cœur joie, ça pullule comme dans un tableau de Bosch. Il y a, par exemple, ces balles de tennis que Juan Loriente frappe contre un fronton représentant en gros plan l’Origine du monde de Courbet. L’image tremble à chaque fois qu’elle est touchée par la balle tandis que résonne le bruit d’un big-bang. On voit des coqs équipés de chaussures de sport. Des gamines grimées en lolitas à qui un samouraï d’opérette raconte des horreurs à mourir de rire.

Tout nu.

C’est un vaste défouloir, un univers parallèle que survole un drone doté d’une cloche qui fait de la musique. On se roule tout nu sur l’énorme savon de Marseille arrosé par un jet d’eau. On se masturbe, et mieux encore, dans des sacs de couchage. Il se dégage de cet exutoire drôle et luxuriant une ivresse paradoxale, une âpreté teintée d’amertume, une puissante mélancolie dont les plantes carnivores gavées d’asticots à la fin du spectacle donnent toute la mesure, illustrant ce que Rodrigo García définit comme des «funérailles de la beauté».

Hugues Le Tanneur

4 de et par Rodrigo García du 12 au 22 novembre au théâtre Nanterre-Amandiers, Nanterre (92).

 

 

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